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Médecine et société
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Une épidémiologiste remarqua que le taux de leucémie infantile augmentait. La cause, pourtant sûre et sans danger, révèla un système défaillant


Une épidémiologiste remarqua que le taux de leucémie infantile augmentait. La cause, pourtant sûre et sans danger, révèla un système défaillant

par Ghislain Martel* 

Une épidémiologiste remarqua que le taux de leucémie infantile augmentait. La cause, pourtant sûre et sans danger, révèla un système défaillantParfois le système montre ses défaillances qui causent préjudie à ses propres clients.


(tiré d'une publication Facebook -  voir lien en fin de page)

Tout a commencé en 1953.

Alice Stewart était médecin et épidémiologiste à l’université d’Oxford.

Le National Health Service britannique venait d’être créé et, avec lui, une opportunité : des dossiers médicaux complets sur toute une population.

Un taux de leucémie préoccupant

Alice remarqua quelque chose d’inquiétant dans ces données.

Les taux de leucémie infantile augmentaient.

Pas brutalement, mais régulièrement. Et personne ne savait pourquoi.

La leucémie chez l’enfant était rare — environ 1 enfant sur 3 000.

Mais lorsqu’elle survenait, elle était dévastatrice. Des familles voyaient des tout-petits en bonne santé tomber gravement malades en quelques mois. Il n’existait ni traitement curatif, ni prévention, ni explication.

Alice Stewart lança l’Oxford Survey of Childhood Cancers — la première étude de grande ampleur de ce type. Elle interrogea des mères d’enfants morts de leucémie et les compara à des mères d’enfants en bonne santé nés à la même période.

Qu’est-ce qui avait été différent pendant les grossesses ?

Elle pensait trouver des toxines environnementales. Des produits chimiques industriels. Des maladies infectieuses. Quelque chose d’extérieur et d’évident.

Ce qu’elle trouva, c’était les soins médicaux eux-mêmes.

Les mères d’enfants morts de leucémie avaient nettement plus souvent reçu des radiographies abdominales pendant la grossesse.

La corrélation était indéniable. Incontestable. Et terrifiante. Car dans les années 1950, les radiographies prénatales étaient partout.

Les médecins les utilisaient pour confirmer la grossesse, vérifier la position du fœtus, estimer la date d’accouchement, mesurer le bassin.

Les obstétriciens rassuraient les mères inquiètes :

Les rayons X étaient modernes, scientifiques, sûrs. Certaines femmes enceintes recevaient plusieurs radiographies pendant leur grossesse. C’était la norme. La bonne pratique. Le signe d’un bon hôpital.

Et cela tuait des bébés.

Alice publia ses résultats en 1956 dans The Lancet, l’une des revues médicales les plus prestigieuses au monde. La réaction fut immédiate et violente.

Les radiologues attaquèrent sa méthodologie. Ils contestèrent ses statistiques. Ils l’accusèrent d’alarmisme et de mauvaise science. « Il n’y a aucun mécanisme », affirmaient-ils. « Une radiation si faible ne peut pas provoquer un cancer. La théorie ne le permet pas. »

Mais Alice avait les données. Et elles étaient accablantes.  Les enfants exposés à une seule radiographie prénatale avaient un risque de leucémie doublé. Les expositions multiples augmentaient encore ce risque. Ce n’étaient pas des dangers hypothétiques. C’étaient des enfants morts, de vraies familles qui avaient fait confiance à leurs médecins et avaient perdu leur enfant avant l’âge de dix ans.

Alice continua à publier.

Étude après étude, le même schéma apparaissait. Elle élargit la recherche, ajouta des cas, renforça la méthodologie. Chaque analyse confirmait la même vérité terrifiante. Le monde médical continua à résister. Des sociétés professionnelles publièrent des communiqués

contestant ses travaux. Les agences de financement rejetèrent ses demandes de subvention. Des collègues prirent leurs distances.

On la qualifia d’alarmiste, d’imprudente, d’anti-progrès. Un radiologue influent déclara publiquement que ses recherches « faisaient plus de mal que de bien » en effrayant les femmes enceintes.

La réponse d’Alice fut dévastatrice par sa simplicité :

« Montrez-moi où les données sont fausses. »

Personne ne put.

Parce qu’elle n’avait pas tort.

Elle était simplement en avance.

Et en science, être en avance ressemble à avoir tort…jusqu’à ce que le temps passe.

Ce qui rendait son travail révolutionnaire n’était pas seulement l’identification du danger — c’était le principe qu’elle formulait.

Avant Alice Stewart, la sécurité des radiations reposait sur la « théorie du seuil » : de petites doses étaient inoffensives, seules les fortes expositions causaient des dommages. Il existait une quantité « sûre » de radiation en dessous de laquelle personne n’avait à s’inquiéter.

Alice remit en question cette hypothèse fondamentale. Elle soutint qu’il n’existait peut-être aucune dose totalement sûre.

Que les effets des radiations étaient cumulatifs et probabilistes. Que ce qui comptait n’était pas seulement la dose, mais la vulnérabilité de la personne exposée.

Un enfant à naître — cellules se divisant rapidement, organes en formation,  ADN en réplication constante — était particulièrement sensible aux dommages radiatifs. Une dose « sûre » pour un adulte pouvait être catastrophique pour un fœtus en développement. Dans les années 1950, c’était une hérésie. Cela remettait en cause des décennies de science des radiations, menaçait des industries milliardaires et impliquait que les essais nucléaires, l’imagerie médicale, et les pratiques industrielles, étaient bien plus dangereux que ce que les autorités affirmaient.

Le changement arriva lentement. Douloureusement lentement.

Dans les années 1960 et 1970, d’autres chercheurs confirmèrent ses résultats. Les preuves devinrent écrasantes. Les sociétés médicales commencèrent discrètement à modifier leurs recommandations. Dans les années 1980, les radiographies prénatales de routine avaient pratiquement disparues. L’échographie — utilisant des ondes sonores, pas de radiation — devint la norme.

Combien de vies furent sauvées ?

Personne ne le sait exactement.

Mais les taux de leucémie infantile au Royaume-Uni commencèrent à diminuer à la fin des années 1960, au moment même où l’usage des radiographies prénatales chutait fortement.

Alice Stewart vécut jusqu’à 95 ans. Elle mourut en 2002.

Elle ne reçut jamais de prix Nobel. Elle ne fut jamais anoblie.

Le monde médical qui avait passé des décennies à rejeter son travail ne s’excusa jamais officiellement.

« La femme qui en savait trop » retrace la vie et l'œuvre de cette scientifique remarquable qui a révolutionné la notion de risque radiologique.

Pendant plus de 40 ans, Alice Stewart (1906-2002) a alerté sur le fait que les faibles doses de rayonnement étaient plus dangereuses qu'on ne le reconnaissait.

Dans les années 1950, elle a découvert que les radiographies fœtales doublaient le risque de cancer chez l'enfant. Vingt ans plus tard, septuagénaire, elle a de nouveau stupéfié le monde scientifique en démontrant que l'industrie nucléaire américaine était environ 20 fois plus dangereuse que ne le laissaient entendre les réglementations de sécurité.

Cette découverte l'a placée au cœur d'une controverse internationale sur les risques radiologiques.

En 1990, le  New York Times la qualifiait de « critique scientifique sans doute la plus influente et la plus redoutée du Département de l'Énergie ».

Aujourd'hui, elle est reconnue comme une pionnière de la recherche épidémiologique sur les dangers des rayonnements nucléaires.

Alice Mary Stewart, née Naish, 4 octobre 1906 - 3 juin 2002. Médecin et épidémiologiste britannique.

Elle a reçu le Right Livelihood Award en 1986. Ses parents, Albert Naish et Lucy (née Wellburn) sont tous deux médecins et pionniers de la pédiatrie.

 




L'auteure Gayle Greene retrace la vie et la carrière de Stewart, marquées par sa lutte contre des autorités toujours plus puissantes : d'abord le corps médical britannique, puis l'industrie nucléaire américaine, et enfin les agences de réglementation qui établissent les normes de radioprotection dans le monde entier. Stewart a subi le même sort que d'autres femmes scientifiques : ses travaux ont été rejetés et ses financements coupés.

 

 

 

 

 

 






Références:

https://www.facebook.com/joy.ray.657672/posts/pfbid02rFgDkjDBV2BBp4XP8cWHH4e4dRq6X88u9SnySUF3YBRZrmYdbJXCBnwm6Rv1maRdl

- Ghislain Martel  (+)




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